Développement de l’ebook : quelle(s) place(s) pour les bibliothèques ?
A la suite de la décision de la Bibliothèque publique de New York (NYPL) de transférer une partie de ses ressources vers un autre site de stockage et de la désormais nécessité pour les usagers souhaitant consulter ces livres d’effectuer une demande 24h à l’avance, David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, s’interroge sur le rôle des bibliothèques de demain, à un moment où toute personne possédant un accès internet peut consulter un grand nombre de ressources électroniques en ligne et ce, de manière gratuite.

 

L’avenir des bibliothèques tient-il à des espaces sans livre ?

Alors qu’il y a quelques années les bibliothèques étaient l’unique lieu où les usagers pouvaient venir consulter et emprunter des ouvrages gratuitement, le développement de l’offre numérique et l’arrivée des ebooks a remis en cause ce modèle. En effet, aujourd’hui, des millions d’ouvrages libres de droit sont disponibles grâce au projet Gutenberg ou à Google, réunissant sur le Web bien plus de ressources que n’importe quelle bibliothèque physique. Or, David A. Bell note que, si, pour l’instant, de nombreux américains ne disposent pas encore d’un accès à des ressources numériques, le nombre de personnes y accédant croît de jour en jour et il est probable que cet accès sera certainement à la portée de tous dans vingt ou trente ans. Pour David A. Bell, en plus de récupérer de l’espace de stockage dans les bibliothèques, l’usage du numérique en bibliothèque permettrait de rendre l’accès aux ressources plus rapide pour les usagers et de réduire la charge de travail des bibliothécaires. Et même si de nombreuses personnes affirment que le support numérique est beaucoup plus fragile que le support papier et que les formats numériques évoluent rapidement, David A. Bell aime à rappeler que les supports numériques, même s’ils sont périssables, sont beaucoup plus faciles à dupliquer que des supports papier. 

 

L’épineux problème des ouvrages encore soumis aux droits d’auteur

Les ouvrages encore soumis aux droits d’auteur sont, par contre, beaucoup plus problématiques à traiter. Ainsi, s’il apparaît intéressant et fondé de numériser les œuvres libres de droits, pour les ouvrages encore soumis aux droits d’auteur, cela est plus hasardeux. David A. Bell cite ainsi l’exemple de Google (avec le lancement de Google Books) qui, déjà empêtré dans de nombreux procès liés aux violations des droits d’auteur, risque de l’être encore dans quelques années tant les procédures sont longues et les problèmes complexes. David A. Bell souligne, en outre, que les éditeurs ne sont pas non plus à l’abri avec leur programme de prêt de livres électroniques.

 

L'importance de préserver l'expertise des bibliothécaires

Mais fait important que note David A. Bell : réduire la taille et le nombre de services offerts par les bibliothèques revient également à réduire l’expertise des personnels des bibliothèque, qui, souvent, sont les seuls à pouvoir aider les clients ayant des requêtes spécifiques. Or, c’est cette expertise qui au-delà des supports est à préserver

Bell estime donc que les bibliothèques doivent impérativement s’adapter à ce nouvel âge numérique, sous peine de subir de plein fouet les effets de cette nouvelle économie.

 

Pour lire en intégralité l’article de David A. Bell intitulé The Bookless Library, cliquez ici.

Pour accéder au site de la Bibliothèque Publique de New York, cliquez ici.

 

Source : Chris Meadows, Teleread.

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