Conférence
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- Thibaut Stephan

Si aux Etats-Unis, l’industrie du livre numérique représente déjà un quart du marché global et 10% au Royaume-Uni, il atteint à peine 1% du marché total en France ou en Allemagne. Dans les pays non-anglophones, les débouchés de marché sont moindres. L’investissement initial pour produire du numérique étant élevé, les éditeurs non-anglophones sont plus frileux.

De l’autre côté de l’Atlantique, les acteurs majeurs du commerce électronique, en l’occurrence Amazon, s’impliquent sur le marché du livre, avec un impact très fort. Le livre papier est en net recul. Ainsi, sur le segment adulte, les trois quarts des parutions de livres se font en numérique. Les 25% restants sont en négociation et devraient être distribués électroniquement très bientôt.

Au Royaume-Uni, le livre électronique commence tout juste à décoller, et Internet y est le principal offreur. De nouveaux modèles de liseuses devraient être commercialisés  dans  les prochains mois, les éditeurs ayant identifié le besoin de coupler la vente de contenus et de matériel pour croître.

Le marché allemand a besoin d’une concurrence plus forte en matière de liseuses, ce qui permettrait de faire reculer les prix pour développer davantage le marché du livre électronique. Les principaux acteurs ont ainsi décidé de lancer leur propre liseuse.

Opportunité pour de nouveaux acteurs 

Le numérique donne une seconde vie à l’industrie de l’édition. Il donne des opportunités à de nouveaux acteurs et remet en question la suprématie des leaders. Parmi les nouveaux entrants, Amazon ne représente pas véritablement une menace. Selon les éditeurs, il est nécessaire de se concentrer sur des livres à forte valeur ajoutée pour contrer Amazon.

Valeur ajoutée implique un prix plus élevé du livre numérique

Pour les industriels  de l’édition, le numérique permet assurément de créer une valeur ajoutée, et donc un prix plus élevé. Selon eux, « il n’y a aucune raison pour que le prix  du livre électronique soit indexé sur le prix du format papier. » Pourtant, les acheteurs comme les bibliothécaires, en France, en tout cas, s’attendent à ce que le prix du livre numérique soit inférieur au prix du livre papier.

Par exemple, le processus d’achat s’automatise et devient plus efficace, notamment en ISTM : on lit une information, on clique pour obtenir approfondir l’information, on lit un résumé de livre, on clique pour l’acheter et la livraison s’enclenche.

Eclosion de nouveaux segments de marchés

-       Le segment des enfants : En effet, les enfants n’achetaient pas de livres papier, mais vont avoir accès aux contenus via les nouvelles plateformes électroniques de leurs parents. De plus les potentialités de réalité augmentée qu’offre un livre numérique est fascinant pour les enfants.

-       Les non-consommateurs de livres papier qui peuvent être convertis via l’édition de contenus enrichis et les nouveaux formats de lecture,

-       Phénomène de transfert : le public achète les livres électroniques au lieu d’attendre les sorties en livres de poche.

 

Les challenges pour les éditeurs :

-       Trouver de façon optimale comment satisfaire le mode de consommation, les habitudes d’achat du client pour l’aider à trouver des réponses pertinentes à ses recherches (quel est ce livre ? est-il bon ? vaut-il son prix ? où puis-je me le procurer ? comment me rendre dans ce magasin ? l’auront-ils en stock ? une fois acheté, ai-je la place pour le stocker ? comment ne pas le perdre ?)

-       Modifier le design des livres électroniques pour améliorer l’expérience de lecture et l’ajustement multiplateforme,

-       Offrir une véritable valeur ajoutée grâce au numérique,

-       Améliorer l’accessibilité du contenu. (« discoverability »),

-       Empêcher que le livre électronique ne conduise à un formatage du contenu (taille des chapitres, longueur du texte, etc.),

-              Le lien affectif qui se crée avec un livre papier n’existe pas avec le livre numérique. Comment recréer ce lien avec le livre numérique ?

Le livre papier ne disparaîtra pas

Affirmation partagée : l’édition est une industrie plutôt conservatrice. En 2020, il est envisageable que les livres papier représentent encore 70 à 80% de l’offre. L’autre possibilité est que le livre numérique prenne une place majeure, mais le public continuera à acheter au format papier ses livres fétiches ou à fort lien affectif. Le livre papier n’est pas amené à disparaître

 

Le segment éducation : Ce segment est très concentré et nécessite de lourds investissements alors qu’il est moins rentable que  celui de l’information professionnelle. Il s’agit d’un segment particulier, localisé alors que la technologie est globale. Hachette      Livres, par exemple, n’a pas de réelle stratégie numérique. Le PDG, Arnaud Nourry, n’est pas convaincu de l’intérêt des               nouveaux supports et des nouveaux contenus électroniques en matière d’éducation. Très étonnant.                                         

 

Source : serdaLAB de la Foire du livre de Francfort

 

 

Tags : Livres
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- Thibaut Stephan

Et si la transformation du livre papier en livre électronique n’était qu’un commencement ? C’est en tout cas le postulat des nouveaux acteurs de l’industrie tels que BookRix ou aNobii. Selon le PDG de BookRix, la véritable révolution réside dans la dimension communautaire du livre, et non dans la numérisation. Cette mutation marque ainsi la naissance d’un nouveau processus de création autour du contenu qui pourrait conduire à l’affaiblissement du pouvoir des éditeurs.

Traditionnellement, le rôle de l’éditeur était d’enrichir les interactions entre le livre et le public, d’inciter le lecteur à la discussion. Mais sa place dans la chaîne de commercialisation du livre est fragilisée avec l’avènement du « social reading ».  Derrière cette expression se cache l’ensemble des idées, critiques et réactions en tous genres échangés entre les lecteurs d’un même ouvrage.

 

Cette tendance se structure via l’émergence de réseaux sociaux dédiés à la littérature, qui s’avèrent être de formidables outils marketing. Mais le bruit généré est incontrôlable et l’éditeur devient passif. C’est alors au public  que reviendra la majorité de la promotion des livres, ayant ainsi le droit de vie ou de mort sur une publication.

Fort de ce constat, les éditeurs vont devoir réorienter leurs efforts sur la qualité de leur offre de contenus, ainsi que sur la création de services additionnels.

aNobii est l’un de ces sites communautaires qui transforme le paysage de l’industrie du livre. Lancé en 2006, il était basé sur l’esprit Wikipedia et donnait la possibilité aux utilisateurs de recenser leurs ouvrages favoris, afin de les faire découvrir et de susciter le débat.

Le site – opérationnel au Royaume-Uni et en Allemagne - regroupe désormais plus de 1,5 million de critiques et est doté d’une boutique en ligne embarquée. A l’heure actuelle, le principal défi est d’accroître le taux de transformation vers l'achat de livres. En effet, les utilisateurs découvrent un livre, consultent les avis et discussions, avant de pouvoir acheter sur Amazon.

Quoi qu’il en soit,  le succès d’aNobii inspire les géants de l’industrie, qui pourraient bien intégrer les fonctionnalités de type réseau social Facebook à leur site internet pour créer des communautés actives qui serviraient de levier à la demande.

 

Source : serdaLAB sur la foire du livre de Francfort

 

 

 

 

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- Thibaut Stephan

Si l’édition numérique est parfois considérée comme une simple extension de l’édition traditionnelle et un moyen pour les leaders de consolider leur position, il s'agit - dans le cas des pays dits du "Sud" - d’un catalyseur et d’un formidable levier de croissance. Assurément, la Foire du Livre de Francfort 2011 était tournée vers le Sud...

Les perspectives de croissance de l’édition anglophone sont bien inférieures à celle de l'édition dans les autres langues. De son côté, "le marché français est peu dynamique, tiré vers le bas par le format papier", selon le PDG d’Hachette Livre Arnaud Nourry.

Dans le même temps, le classement réalisé par Livres hebdo inclut pour la première fois des groupes brésiliens et russes, après avoir mis en lumière l’essor chinois quelques années plus tôt. Les marchés BRIC + Afrique du Sud présentent donc un réel intérêt pour les leaders de l’édition pressés de trouver de nouveaux marchés non concentrés. C’est notamment le cas de Penguin, qui s’implique sur le marché brésilien.

Le retard du Sud est causé par les carences technologiques et le manque de ressources humaines compétentes. Certains pays du Sud sont presque condamnés à attendre qu’une multinationale de type Amazon s’implante chez eux. Le succès des liseuses pourrait servir de passerelle afin de diffuser des contenus dans des zones autrefois difficilement accessibles et ainsi pénétrer de nouveaux marchés. Même si un doute subsiste sur l’accueil réservé par ce public aux tablettes et liseuses, Amazon tente de casser les prix afin de concurrencer les liseuses locales.

L’exemple de Pallas, une maison d’édition brésilienne, illustre le paradoxe auquel sont confrontés les acteurs. Bien que persuadé du potentiel commercial induit par la transition numérique, Pallas n’édite pas encore de contenus électroniques. Un taux d’équipement en plateformes numériques beaucoup trop faible associés à des coûts de conversion au format ePub bien trop élevés empêche l’éditeur de se lancer. Il n’a en effet pas les reins assez solides pour le moment et pointe du doigt le fort besoin en pédagogie afin de convertir le public aux nouvelles pratiques de lecture numérique.

Mais ces pays puisent également des atouts non négligeables de ce retard. Le principal atout des éditeurs de ces pays réside dans leur capacité à prendre des risques. L’autre argument, c’est la question de l’adaptation au marché local qui peut s’avérer très délicate. Pour exemple, ebay pesait 85% du marché chinois avant qu’Alibaba, un groupe local, ne riposte. Le PDG d'Alibaba avait un jour déclaré : « Ebay est peut-être un requin dans l’océan, mais Alibaba est un crocodile dans le fleuve Yangzi ».  Le contexte et la connaissance du marché local sont des éléments cruciaux qui permettent aux acteurs locaux de rivaliser avec les acteurs internationaux. Ebay, qui ne représente désormais que 7% du marché chinois, en a fait l’expérience.

Dorénavant, la priorité pour la zone Sud est la création d’un modèle propre, qui ne soit pas directement copié sur le modèle du Nord, et la naissance d’organismes pour soutenir la R&D.

Plus tard, une conférence organisée en partie par l’International alliance of independent publishers ( www.alliance-lab.org) a été l’occasion de dresser un état des lieux des différentes zones en mutation. Fondée en 2005, cette organisation regroupe 85 maisons et groupes d’éditions issus de 45 pays et a pour but de soutenir le développement de projets internationaux via des aides à la traduction, de la coédition, ou encore la construction de réseaux professionnels. Voici les enseignements de cette présentation :

Amérique latine : des éditeurs et des agrégateurs arrivent sur le marché avec des offres adaptées à la demande locale.  Certains se spécialisent dans la distribution de contenus numériques. La production de tablettes locales va démarrer à partir de 2012.

Disposant d’un statut à part, le marché brésilien est plus avancé (les bibliothèques y sont notamment très sophistiquées) et démontre un fort potentiel. Le gouvernement a par exemple lancé un programme de près de 8 millions $ pour la traduction des publications brésiliennes (www.bn.br/translationgrant). Pourtant ce marché reste difficile d’accès. Pour preuve, Hachette y a récemment cessé ses activités car le marché est extrêmement centralisé. De plus, le risque de change y est important.

Russie : Selon Oleg Novikov, le marché russe a perdu 20% entre 2009 et 2010. Mais comme partout, le numérique laisse entrevoir de nouvelles perspectives. Ainsi, l’offre de liseuses est pléthorique (plus de 30 modèles commercialisés) et la demande explose : 1 million de liseuses ont été vendues en 2010, et 3 millions en 2011.  Mais des problèmes structurels subsistent : d’après Oleg Novikov, il y a seulement 1 librairie pour 8 000 russes. Il existe également un gros problème de piratage en Russie. Différentes initiatives politiques ont donc été lancées pour protéger les éditeurs locaux.

Inde : L’Inde présente l’avantage linguistique et se développe en s’appuyant sur la richesse de l’offre de contenus anglophones, mais elle reste un petit marché. Les entreprises combinent souvent commercialisation d’une liseuse ainsi que de contenus anglophones et dans les dialectes locaux.

Chine : La Chine est très ambitieuse et déploie un nouveau programme d’édition dans le domaine de l’ISTM. China Education souhaite «modestement» devenir le leader mondial, et envisage des partenariats avec les principaux éditeurs internationaux. L’ouverture de bureaux en Europe (Londres notamment) va faciliter son expansion et son objectif de valorisation des progrès de la recherche chinoise, qui souffre actuellement d’un manque de visibilité à l’échelle internationale. 

En ce qui concerne le numérique, plus de la moitié des liseuses commercialisées dans le monde sont chinoises. La plateforme « Shengda Literature » est extrêmement populaire et compte plus d’1 million d’auteurs. Cela dit, l’édition chinoise fait face au défi posé par les médias dits « de divertissement », et tend vers davantage de flexibilité.

Afrique : L’Afrique souhaite elle aussi profiter de l’expansion du numérique. Ainsi, des ONG fournissent des liseuses Kindle au Ghana et au Nigeria. Aussi remarquables soient-elles, ces  initiatives ne nourrissent pas le marché local, qui ne se développe pas et manque cruellement de contenus. En revanche, le système d’impression à la demande (Print on Demand) est en plein essor, et devrait petit à petit remplacer les photocopieurs. Globalement, le téléphone portable semble avoir plus d’avenir que les liseuses/tablettes, notamment en Afrique du Sud.

Monde arabe : Cette zone a été peu évoquée. La difficulté majeure réside dans la conversion de contenu en format ePub, à cause des spécificités de la langue arabe.

Source : serdaLAB à la foire du livre de Francfort

 

 

 

 

Tendance
- Virginie Boillet

Les intranets avaient, jusque-là, uniquement un rôle informationnel descendant : de l'entreprise vers les collaborateurs. Le besoin est aujourd'hui à des intranets collaboratifs.

Dans un avenir proche, l’intranet de l’entreprise pourrait devenir un outil de collecte et partage d’informations pertinentes et ascendantes : récoltées par les collaborateurs et remontées dans l'intranet pour les partager et les analyser avec l'ensemble de l'organisation. Les salariés pourront remonter des informations concernant l’environnement de l’entreprise (concurrents, fournisseurs...) et pourront renseigner leur propre profil (centre d’intérêt, expertise, salons et conférences auxquels ces derniers auraient pu participer).

L’Intranet se mue donc en réseau social d’entreprise. Les premiers cas apparaissent. C'est également ce qui ressort des conclusions d'une  table ronde consacrée à l’Intranet de nouvelle génération, lors du MIS 2011.

Ainsi, à l'initiative de sa direction générale, l'IPF Energies nouvelles a souhaité réalisé une refonte de son Intranet (projet Prisme) et améliorer l'accès et le partage de l'information par ses collaborateurs, faciliter la publication de contenu et favoriser la collaboration et l'émergence de communautés tant en interne qu'avec ses partenaires extérieurs. Il a choisi Jalios JCMS, un outil de gestion de contenu web, qui permet à chaque  collaborateur de personnaliser son interface et de créer des communautés.

Toutefois, ces changements soulèvent des problèmes :

- pouvoir traiter et analyser les flux d'informations,

- mettre des informations pertinentes en ligne,

- savoir quels objectifs, quelle valeur ajoutée on attend de la création d’un tel outil au sein de l’entreprise,

- Impliquer les collaborateurs pour le partage d'informations.

Rendre l’Intranet dynamique et faisant appel à l’Intelligence collective est devenue une nécessité qui reste difficile à mettre en oeuvre.

Source : Portail IE et jalios

 

 

 

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